Poésie

Pigeon

6 janvier 2011
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L’amène amène ô catacombe
Les mêmes pieds pour la gamine et la gardienne des colombes
Sur l’allée paraphée de fourches
Par mille pigeons amoureux

L’avoir avoir ô téléphone
L’air bourdonne des mêmes voix des monstresses des belladonnes
Et les lourds pigeons me décernent
Leur fiente en message pompeux

Suis-je suis-je ce volatile
Qui abandonne sa pavane et rêve aux pieds d’une mortelle
Dédain enfin compréhensible
Et raison d’être dédaigneux ?

La voir la voir ô ma mémoire
Oeil de pigeon avantageux téléviseur vole trahir
Son home  ses hommes son rire
Ses talons plantés dans les cieux

Tour Fenestrelle

6 janvier 2011
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Un soir de mai dans cette ville provinciale
Comment cataloguer la douceur vespérale
Le couchant effleurant les frontons rosissants
Comme un marquis la joue d’un siècle finissant

Le parc où s’amusaient douairières et bergères
Un orchestre de jazz y joue Washington Square
Et les balustres blonds où Racine rêvait
Ont le même horizon de jardins potagers

Les ombres sans façon se joignent pour la nuit
Sur l’esplanade vide et les martinets fuient
La nasse fuselée de la Tour Fenestrelle
Où la lune a laissé sa monnaie de nickel

Tout est désert qui mène au palais grand-ducal
Une ampoule oubliée brille comme un fanal
Dans l’escalier crasseux d’une tour citadine
Où les regrets ce soir tiennent leur officine

Seule blottie au pied d’un portail dix septième
Training rose entrouvert sur sa peau d’égyptienne
Aïcha nonchalamment caresse son chat noir
En pensant aux garçons en pensant au départ

Gardienne à son insu de la douceur des choses
Elle ne savait pas que tout se recompose
Le temps n’est qu’un soupir soufflant sur un bassin
Un jour une accalmie restaure le dessin

Notre Dame des Doms

6 janvier 2011
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Notre Dame des Doms un jour de janvier tendre
Où les cygnes du parc ont l’air de bien s’entendre
Et chacun de nous deux peut lire dans le ciel
Que c’est un jour bordel à tomber amoureux

Hélas ils n’ont pas su que le ciel parlait d’eux

Un soupir sur une aile

6 janvier 2011
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Et voici que je sème aux ruines ma moisson
Et voici que s’égrenne aux ronces ma saison
Tandis qu’autour de moi tendrement surhumaines
Des femmes ont aimé et peut être moi-même

Et voici que s’abrase au désert ma raison
Tandis qu’autour de moi tourne comme un manège
Le monde où je voulais établir ma maison

Et le plaisir des sens descend comme une neige
Dissimuler l’envie d’une autre floraison
La honte des labours et des mortes-saisons

Quand le plaisir des sens sur ces heures mortelles
Ne pèse guère plus qu’un soupir sur une aile
Qu’un baiser sur un front que je n’ai pas donné
Et que le rêve dans ma tête abandonné

L’autophage

6 janvier 2011
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Il n’ a pas de patrie celui qui vit de soi
Pas de tête où poser sa tête impénitente
Et le doute qui vente
Et la pluie qui nettoie
S’abattent tour à tout sur sa tête sans toi

Rassasié de lui-même
Et toujours en gésine
D’un Autre qui lui soit semblable et différent
Il se bouffe et se rend
Et son envie qui bruine
A chaque nouveau mort s’aiguise et se repent

Quel homme ira jamais aussi loin que soi même
Se dit-il. Mais bientôt bornent cette illusion
Les boueuses raisons
La neige des semaines
Et sa mort qui l’attend derrière l’horizon

Et lorsqu’il se résigne à se rendre à se vendre
A la dernière amie sise au bord du chemin
Son amour parchemin
S’effrite en pluie de cendres
Cette âme n’a plus cours entre ces autres mains.

Jonas

6 janvier 2011
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Dans la charpente de la cathédrale
On perd le sens du ciel et de l’enfer
Perché entre nef et clocher
On attend que le monde croule
Et qu’on s’envole ou bien qu’on coule
Avec un vide sous les pieds
Et ce ciel qui frotte aux ardoises

C’est une coque renversée
Un purgatoire de pénombre
Une carène vagabonde
Et moi Jonas pauvre insensé
Assis sur des poutres transverses
Sous des théories de gibets
Je perds mon sens car tout s’inverse
Je suis bateau nègre négrier
Je suis galère et rame et fouet
Dehors la pluie frappe une averse
Ou l’océan car tout s’inverse

Et moi Jonas pauvre insensé
J’attends que ces temps se finissent
Tout en cherchant un interstice
Pour m’échapper

Adagio

4 janvier 2011
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Quand l’adagio d’Albinoni
Un soir de grâce funéraire
Va son pas de cérémonie
Je revois celle qui m’est chère

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Qui m’est chère et qui s’est enfuie
Comme un galop de triples croches
Après une incertaine nuit
De paradis et de débauche

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Princes en livrée de valet
Soubrettes costumées en dames
Prêtres en chemise de femme
Célébrant l’étrange ballet

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Lorsqu’ils de mirent à baisser
Griffes d’orfraie lèvres de cendre
Sa robe inapte à la défendre
Je n’aurais pas dû la laisser

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Sur l’adagio d’Albinoni
Escalier remontant au diurne
Celle que j’aime s’est enfuie
En m’abandonnant sa cothurne

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Un coeur au jardin

4 janvier 2011
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Mon coeur au jardin de douleur
Comme une musaraigne grise
Aiguise ces heures exquises
Avec un grès de rémouleur

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Mon coeur au jardin de douceur
Que son corps magicien enfante
Rêve entendre comme l’Infante
La cascade d’argent des heures