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L'autophage

6 janvier 2011

Il n’ a pas de patrie celui qui vit de soi
Pas de tête où poser sa tête impénitente
Et le doute qui vente
Et la pluie qui nettoie
S’abattent tour à tout sur sa tête sans toi

Rassasié de lui-même
Et toujours en gésine
D’un Autre qui lui soit semblable et différent
Il se bouffe et se rend
Et son envie qui bruine
A chaque nouveau mort s’aiguise et se repent

Quel homme ira jamais aussi loin que soi même
Se dit-il. Mais bientôt bornent cette illusion
Les boueuses raisons
La neige des semaines
Et sa mort qui l’attend derrière l’horizon

Et lorsqu’il se résigne à se rendre à se vendre
A la dernière amie sise au bord du chemin
Son amour parchemin
S’effrite en pluie de cendres
Cette âme n’a plus cours entre ces autres mains.

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