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Campin

La Nativité » de Robert Campin est considérée comme un tournant : un des tous premiers paysages réalistes de l’histoire de la peinture occidentale. Mais le tableau reste profondément marqué par l’esprit médiéval : juxtaposition de plusieurs histoires, anges, phylactères, rochers aux formes étranges…

Le tableau raconte simultanément plusieurs histoires. La première est celle de l’Annonce aux Bergers.

La deuxième histoire que montre le tableau est celle de la naissance miraculeuse de Jésus : à savoir un accouchement trans-membranaire à la mode des guérisseurs philippins…

La troisième histoire que raconte le tableau est celle de deux sages-femmes, Azel et Salomé…

Daret est un des rares peintres, avec Campin, à avoir affronté l’épisode scabreux des sages-femmes.

La crèche : une construction bien plus complexe qu’il n’y paraît, à la manière de ces boîtes à disparition dont certaines faces sont truquées.

Pour éclairer les intentions du maître, rien de tel que de faire un détour du côté du disciple.

Le symbolisme des deux époques est clair, mais on pressent qu’il n’épuise pas toutes les potentialités d’une construction aussi profondément méditée…

Introduire le Diable dans une Nativité, c’est un peu comme dissimuler le bouc de Trotski dans l’ombre de la casquette de Staline.

« Avoir un rognon dans les fondations » : telle est l’expression qu’il nous faut traduire.

Pour raconter autant d’histoires, distribuer autant de symboles sur une surface réduite, Campin a dû structurer le panneau selon une architecture rigoureuse : cette grille de lecture est à la fois dissimulée et apparente…

Une histoire forte et frappante a souvent, comme les tremblements de terre, des répliques plus faibles et moins connues. C’est ainsi que le personnage rugueux de Thomas s’est trouvé réincarné en une sceptique en jupons.