Nous avons jusqu’ici laissé dans l’ombre le dernier acteur de la scène : l’homme au plumet, dont l’oeil seul apparaît en pleine lumière et nous fixe avec intensité, comme pour nous prendre à témoin de ce qu’il nous faut voir maintenant : un premier retournement de situation.
A ce stade de l’analyse, il nous faut revenir au personnage principal que nous n’avons pas cessé d’appeler la « naïve ». Qui est véritablement la belle dame aux riches soieries ?
Maintenant que nous avons remis en place tous les éléments de la composition, prenons un peu de recul afin de comprendre le cheminement qui a pu amener Régnier à cette combinaison brillante.
A l’issue de cette analyse, récapitulons les étapes qui ont, en quelques années, abouti à des compositions aussi sophistiquées.
Le Diable ferait-il des incursions dans les Nativités sous la forme d’un bouc noir ? Une fresque de Giotto semble le suggérer…
Au terme de ce parcours parmi les brebis et les chèvres, revenons à Giotto, qui avait une raison bien personnelle d’en dessiner dans tous les coins…
Nous allons résumer l’interprétation classique de Panofsky et la prolonger pour ce qui concerne le bouc.
La gravure de Dürer a eu un grand retentissement, et a influencé pour longtemps l’iconographie de la Chute. Plusieurs successeurs, admirateurs ou imitateurs du maître de Nuremberg ont repris l’idée du bouc au Paradis, avec des significations variables…
Une morale implicite qui, depuis l’Antiquité Grecque jusqu’à des âges d’or plus récents, est connue sous tous les tropiques : « L’Amour est plus fort que les armes »…